Les macérations de plantes

Prévention, équilibre et bien-être au quotidien constituent les axes de recherche de Tampopo, qu’elle intègre les plantes sauvages et médicinales dans des condiments ou dans des produits de soin. Son intention : encourager chacune et chacun à mieux se connaître pour mieux prendre soin de soi et, ainsi, gagner en autonomie de santé.

Une histoire de rencontre

Tampopo est guidée par les trois principes éthiques de la permaculture dans chacune de ses actions. Lorsqu’elle prend soin des humains (deuxième principe éthique), elle prend soin d’elle et de ses proches, de ses amis et de la communauté au sens large. Et c’est avec ce principe à l’esprit qu’elle part à la rencontre de plantes particulières.

La bardane sert ainsi à soigner les problèmes de peau des membres de sa famille et de ses amis. La consoude intervient dès qu’elle se blesse durant les cueillettes ou lorsqu’elle travaille la terre. Elle s’est intéressée à la calendula pour remplacer une crème de jour du commerce par un onguent fait maison, que toute sa famille apprécie désormais. Lors de son long séjour en Ardèche, en 2019, elle a créé un macérat huileux avec le plantain pour soulager petits et grands lorsqu’ils étaient piqués par les moustiques ou les guêpes.

D’autres rencontres entre les plantes et Tampopo auront lieu, c’est une question d’heureux hasard, une façon de répondre mieux aux besoins des humains tout en renforçant les liens avec la nature.

La quête de l’ingrédient idéal

La recherche de la qualité est un souci constant chez Tampopo. Cela se vérifie tout particulièrement dans le domaine des macérations. Yuanyuan applique aux préparations à vocation médicinale le savoir acquis en Chine, auprès de son maître de médecine traditionnelle chinoise : « Ce n’est pas la prescription qui importe, c’est la maîtrise de l’ingrédient. Si l’ingrédient ne peut pas soigner il ne sert à rien, même avec la meilleure des prescriptions. »

Tout commence avant même la cueillette pour s’approcher sinon atteindre cet idéal de qualité. Le repérage des plantes comprend l’observation attentive des individus ; l’étude de l’environnement dans lequel la plante pousse et s’épanouit – y compris l’identification des activités humaines s’y déroulant ; la détermination du moment optimum pour la cueillette. Celle-ci s’effectue dans le respect de la plante et de son écosystème, en ne prélevant que le strict nécessaire afin de préserver, d’une part, le partage avec d’autres vivants (partager équitablement, troisième principe éthique de la permaculture) et, d’autre part, les cueillettes futures.

Viennent ensuite les étapes importantes de la transformation et de la conservation. Il n’est pas décidé a priori des transformations à réaliser, c’est la qualité de chaque cueillette qui décide de ce que deviendront les plantes transformées. La qualité des ingrédients qui participent et les processus choisis de transformation jouent un rôle essentiel pour préserver les vertus des plantes traitées.

Extraire une racine : un travail d’archéologue

Cueillette et transformation de la bardane par Tampopo
Cueillette réussie ! La racine entière est sortie du sol.

Durant l’hiver, lorsque l’activité vitale se déroule sous terre, vient le temps de la cueillette des racines. Tampopo attend une météo favorable pour commencer l’extraction des racines, un ou quelques jours après la pluie. Yuanyuan témoigne ainsi : « J’ai toujours l’impression de travailler comme une archéologue car j’espère extraire la racine entière, avec ses extrémités fragiles et ses radicelles où se concentre l’essentiel de l’activité hivernale de la plante. Je sors la terre petit à petit, j’avance avec lenteur et détermination. C’est simultanément une méditation et un dialogue avec la plante et la terre. À chaque fois que la racine s’expose entière à mes yeux, mon cœur s’emplit de gratitude pour la plante et la terre nourricière. »

La transformation débute dès le retour à l’atelier de transformation afin de préserver le maximum de l’énergie de la plante. Les racines sont cassées à la main ; placées dans de l’huile d’olive bio obtenue par première pression à froid. Elles sont alors chauffées à 60°C au bain-marie puis placées dans des jarres en verre pour macérer à l’abri de la lumière au minimum 72 heures. La macération est suivie au plus près : couleur, odeur, aspect des racines et de l’huile sont vérifiés au moins deux fois par jour. Lorsque le point optimum de macération est atteint, l’huile, chargée des principes actifs extraits des racines, est filtrée pour obtenir un macérat de couleur homogène où l’odeur de la plante est bien présent.

Ce macérat est conservé à l’abri de la lumière, à température et taux d’humidité constants. Il peut être utilisé tel quel, dans sa forme huileuse, ou être transformé en onguent, par addition de cire d’abeille bio, exclusivement d’opercules, obtenue auprès d’apiculteurs locaux.

L’usage optimal des macérats huileux et des onguents consiste en des massages réguliers sur les parties lésées. Lorsqu’elle en a l’opportunité, Yuanyuan donne elle-même les premiers massages afin que ses clients puissent apprendre à tirer le meilleur de ses préparations. Ces rencontres sont aussi l’occasion, pour elle, d’établir le lien humain qui lui permettra de récolter les retours sur l’utilisation des macérats et onguents de Tampopo. Ceux-ci sont indispensables à son évolution.